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En classe : stratégies pour les enseignants

De nombreux gouvernements et conseils scolaires ont élaboré des plans pour un retour facultatif et volontaire à l’enseignement en personne pour les élèves et leurs familles, affectant les gens de différentes manières :

  • Les élèves auront la chance de renouer avec leurs amis et camarades de classe en personne, ainsi que d’avoir à nouveau contact avec leur classe avant le retour des cours en septembre. Les élève peuvent s’adapter à la « nouvelle normalité » dans un contexte de classe, ce qui la rend moins anxiogène pour l’avenir.
  • Pour les enseignants, c’est aussi l’occasion de retourner lentement dans leurs salles de classe et d’identifier les défis potentiels à l’enseignement au cours de cette nouvelle normalité.
  • Les parents seront soulagés que le poids de la garde constante de leurs enfants soit partiellement levé, ils pourront éventuellement retourner au travail dans une certaine mesure, et cela leur donnera la possibilité de prendre enfin soin d’eux-mêmes.

Cependant, malgré ces avantages potentiels, c’est aussi une décision très anxiogène pour toutes les personnes impliquées. Bien que ce soit un signe positif que les salles de classe commencent à rouvrir, il peut encore être difficile de faire face à l’incertitude de changer notre routine actuelle.

De nombreux enseignants ont des difficultés à décider de retourner en classe et leurs préoccupations sont les suivantes :

  • Possiblementcontracter le virus et le ramener à la maison dans votre famille
  • Être porteur du virus et le transmettre à des étudiants ou à des collègues
  • Être incapable de répondre à vos propres normes de travail compte tenu de toutes les nouvelles directives en place pour l’enseignement

Voici quelques inquiétudes courantes que vous pourriez rencontrer et des suggestions pour y répondre :

Inquiétude n° 1 : « Et si je contractais le virus et le transmettais à d'autres ? »

Nous savons que la distance physique est l’une des meilleures méthodes pour vous empêcher de contracter la COVID-19. Même si, dans la salle de classe, il est difficile de maintenir la distance appropriée, en particulier avec des élèves plus jeunes qui pourraient ne pas saisir pleinement la nécessité de rester à six pieds de leurs camarades de classe ou de leur professeur préféré.

Informations à retenir : 

  • Nous ne pouvons pas éliminer complètement le risque dans la plupart des situations, qu’ellessoient ou non liées à la COVID-19. La vie est incertaine.
  • Lorsque nous sommes confrontés à l’incertitude, nous avons deuxoptions: 1) travailler pour augmenter notre certitude sur une situation ou 2) apprendre à tolérer l’incertitude. De nombreuses personnes anxieuses choisissent la première (par exemple, lire plusieurs articles sur le retour à l’école dans d’autres parties du monde ou résoudre des problèmes hypothétiques à l’avance).
  • Bien qu’unepréparation minime puisse être utile, cela n’élimine pas l’incertitude, et c’est normal. Dans la plupart des aspects de la vie, nous n’avons pas une certitude totale; lorsque nous traversons la rue, nous ne sommes pas totalement certains qu’une voiture ne sortira pas de nulle part et ne nous renversera pas, ou lorsque nous quittons la maison, qu’elle ne sera pas cambriolée.
  • Cependant, lorsque nous prenons les mesures de sécurité appropriées, comme regarderde chaque coté avant de traverser la rue ou verrouiller la porte avant de quitter la maison, nous sommes raisonnablement sûrs que tout ira bien. Autrement dit, nous ne sommes pas complètement certains, mais nous savons que la probabilité est faible.
  • Par conséquent, une relation saine avec le risque devrait impliquer l’élaboration de précautions de sécurité raisonnables afin que nous sentions que le risque est faible et que les événements négatifs sont peu probables (pas impossibles, mais peu probables), au lieu d’essayer d’éliminer tous les risques. Être ouvert à une certaine incertitude dans la vie, plutôt que d’essayer d’éliminer l’incertitude, n’est pas seulement un objectif utile lors du retour au travail à ce moment de notre histoire, mais un bon objectif à atteindre dans la vie.

C’est un bon entrainement d’apprendre à tolérer l’incertitude et de l’introduire délibérément dans votre vie quotidienne. Pour ce faire, consultez :

Inquiétude n° 2 : « Et si j’étais déjà porteur du virus et que je le transmettais à des étudiants ou à des collègues ? »

Bien que nous en sachions maintenant beaucoup plus qu’il y a quelques mois sur la COVID-19, il reste beaucoup d’inconnues même auprès des experts, et certaines recommandations ont changé à mesure que des informations supplémentaires sont apparues. Le manque d’informations peut être difficile et angoissant pour de nombreuses personnes, surtout si vous êtes quelqu’un qui a tendance à assumer un haut degré de responsabilité et qui souhaite toujours faire au mieux. L’idée de propager le virus et de nuire à autrui peut être une pensée insupportable.

Informations à retenir :

  • La responsabilité n’est pasabsolue ; c’est un phénomène partagé.
  • Vous n’êtes pas seul responsable de la protection de vos étudiants et collègues. Tout le monde partage la responsabilité de la sécurité publique.
  • Demandez-vous: Qui est responsable, à part vous, d’assurer la sécurité des élèves de votre classe ? La réponse est que de nombreux groupes / individus jouent un rôle. La santé publique et les élus sont en charge de la réouverture des écoles, les conseils scolaires sont responsables de l’élaboration de politique interne et l’administration supervise le soutien aux enseignants et aux familles qui décident de retourner à l’école.
  • Prenez votre responsabilité en tant qu’enseignant dans le contexte d’unesituation plus large et reconnaissez que les autres partagent cette responsabilité.

Comme mentionné précédemment, il y a toujours un risque dans quoi que ce soit dans la vie. Tout ce que vous avez à faire est de suivre les directives de santé publique pour vous-même, ce qui peut vous aider à réduire, mais pas à éliminer, votre risque d’être porteur du virus.

Inquiétude n° 3 : « Que faire si je ne parvenais pas à respecter mon éthique habituelle ? »

L’enseignement est l’un des emplois les plus importants de notre société. Lorsqu’on demande aux gens qui a influencé positivement leur vie, un ou plusieurs enseignants en particulier font souvent partie de la réponse. Les enseignants s’imposent un grand professionnalisme dans leur travail, et cela s’accompagne souvent d’attentes qu’ils se fixent à eux-mêmes au sujet de leurs performances et de leur capacité à aider les enfants dans leur apprentissage.

Malheureusement, l’apparition de la COVID-19 a créé un obstacle important dans l’aide à l’apprentissage des enfants. Bien que la technologie (pour ceux qui ont pu y accéder) et l’aide parentale soient utiles, elles ne remplacent pas l’apprentissage en classe.

Si vous êtes quelqu’un ayant des standards extrêmement élevés pour vous-même, vous savez déjà que vous dire à vous-même, ou vous entendre dire par les administrateurs : « faites de votre mieux » ne sera PAS utile. Pour les enseignants qui ont des attentes perfectionnistes quant à leurs performances, peu importe vos accomplissements, vous aurez peut-être toujours l’impression que vous pourriez faire mieux. Essayer d’enseigner et de faire apprendre aux élèves pendant la COVID-19 est loin d’être l’idéal, donc vos attentes en matière de performance seront encore plus remises en question que d’habitude.

Informations à retenir :

  • Faites ce que vous pouvez, compte tenu des circonstances dans lesquelles vous vous trouvez. Il n’est pas utile de continuer à respecter les mêmes normes lorsque la situation a radicalement changé.
  • Pratiquezla compassion envers vous-même en tenant compte du contexte (c.-à-d., COVID-19) et de l’impact qu’il a sur les élèves ainsi que sur vous; cela peut vous aider à naviguer dans la réalité de l’enseignement pendant une pandémie.
  • Essayez de changer votre point de vue. Imaginez ce que quelqu’un d’autre pourrait faire dans la même situation. Nous sommes souvent plus conciliants et beaucoup plus compatissants envers les autres, et avons des attentes plus réalistes quant à leur performance, comparé aux nôtres. Comme la COVID-19 a un impact sur tout le monde, il n’est pas difficile d’imaginer un collègue estimé ayant des difficultés à respecter ses standards pré-COVID. Que diriez-vous à ce collègue estimé sur ses propres attentes envers lui-même pendant cette période ? Ce collègue estimé devrait-il avoir les mêmes attentes quant à son rendement ou serait-il plus raisonnable d’ajuster ses attentes à la situation ? Il est plus que probable que vous diriez à ce collègue d’ajuster ses standards et d’en accepter la décision dans les circonstances actuelles.
  • De nombreuses personnes ont un double standarddu fait qu’elles en attendent plus d’elles-mêmes que des autres. C’est le moment d’être tolérant et de faire vôtre les standards que vous accordez aux autres.

Inquiétude n° 4 : « Je continue de rejouer des situations passées et je les rumine dans mon esprit. »

Les gens rejouent des situations pour diverses raisons, en pensant que cela améliorera leurs actions ou leurs réponses la prochaine fois qu’une situation similaire surviendra.

Le problème de ruminer constamment est que nous jugeons nos actions et nos décisions lorsque nous connaissons déjà le résultat. Connaître le résultat change la façon dont nous évaluons les actions ou les décisions que nous avons prises. Avec le recul, les décisions qui auraient dû être prises à divers moments semblent évidentes, et tout ce qui s’écarte de ce qui semble maintenant clair avec ce recul peut conduire les gens à l’autocritique (par exemple, « Comment aurais-je pu manquer XYZ ? »).

Cependant, il est facile d’oublier qu’au moment où nous devons prendre des décisions, le résultat est, par définition, inconnu. En conséquence, les gens ont tendance à prendre des décisions pour de bonnes raisons à ce moment donné. Après tout, nous ne pouvions prendre que les décisions qui semblaient les meilleurs compte tenu des informations dont nous disposions à l’époque. Avec le recul, certaines décisions se sont avérées être la meilleure option, mais parfois, avec ce que nous savons maintenant, ces décisions n’étaient peut-être pas idéales. Pendant cette période, il est bon de reconnaître ces situations comme des opportunités d’apprentissage.

Le fait de ruminer peut survenir si vous avez déjà des opinions négatives sur vos capacités (par exemple, je ne suis pas compétent, je suis le professeur le moins bon de l’école). Ces croyances peuvent influencer le type d’informations sur lesquelles vous vous concentrez lorsque vous rejouez une situation dans votre tête. Lorsque nous avons des croyances fortes, nous avons tendance à traiter les informations de manière à confirmer nos croyances. Cette déclaration peut ne pas sembler logique, mais nous sommes des êtres émotionnels et pas toujours logiques, en particulier lorsque de fortes croyances guident la façon dont nous voyons l’information.

Si vous ressassez le film de votre journée d’enseignement et que vous croyez être un mauvais enseignant, vous vous concentrerez probablement sur les aspects négatifs de la journée, tout en ignorant les aspects positifs de celle-ci. Par exemple, vous remarquerez peut-être qu’un élève a souri et a dit merci, mais vous vous dites que cet élève est toujours poli, quoi qu’il arrive, donc cela ne veut rien dire. Cependant, si vous remarquez qu’un autre étudiant est inhabituellement provocateur, vous déciderez que cela est de votre faute.

Cette pensée biaisée de l’information, qui se concentre sur le négatif et écarte le positif, peut vous amener à croire que vos pensées négatives sont correctes, car vous avez l’impression d’avoir découvert des « preuves » sur la médiocrité de votre enseignement, ce qui à son tour mène à des croyances négatives encore plus fortes sur vos capacités d’enseignement.

Informations à retenir :

Si vous vous surprenez à ruminer votre journée :

  • Essayez de rediriger votre attention sur ce que vous faites dans le moment présent.
  • Mettez-vous au défi dechercher le positif et de l’utiliser comme une occasion de vous féliciter pour un travail bien fait dans des circonstances difficiles.
  • Reconnaissez que nous sommes des êtres émotionnel set que nous ne prenons pas toujours des décisions logiques
  • Considérez les erreurs comme des opportunités d’apprentissage, au lieude vous critiquer sans cesse.
  • Ayez confiance en vous, afin que dans les semaines à venir,vous puissiez améliorer vos actions et reconnaissez que cette tâche est une progression constante.

Merci aux membres du comité scientifique consultatif Maureen Whittal et Melisa Robichaud d’avoir créé cet article.