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Comportements répétitifs centrés sur le corps

Les comportements répétitifs centrés sur le corps (CRCC) regroupent des comportements compulsifs comme s’arracher les cheveux, se gratter la peau, se ronger les ongles, se curer le nez ou se mordiller les lèvres ou l’intérieur des joues. Dans la plus récente édition du des cliniciens Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5), l’arrachage des cheveux ou des poils, appelé trichotillomanie, et le grattage compulsif de la peau, appelé dermatillomanie, sont des CRCC préoccupants du point de vue clinique. Ces deux CRCC sont inclus dans la section consacrée aux troubles obsessionnels-compulsifs et apparentés et elles sont décrites de façon détaillée ci-dessous.

Reconnaître la trichotillomanie

Trois caractéristiques principales associées à la trichotillomanie :

  • Arrachage compulsif des cheveux ou des poils causant une perte visible. Les endroits les plus fréquemment ciblés sont la tête et le visage (c.-à-d. les sourcils et les cils), mais certaines personnes arrachent également les poils qui poussent à d’autres endroits, notamment sur les bras et les jambes, dans la région pubienne et aux aisselles, ainsi que sur les autres personnes et même sur les animaux domestiques comme les chats ou les chiens. Les enfants sont moins susceptibles que les adultes d’arracher des poils à plusieurs endroits et se concentrent plus souvent sur une seule zone.
  • Tentatives répétées, mais infructueuses d’atténuer le comportement ou d’y mettre fin.
  • Altération marquée ou perturbation des activités de la vie quotidienne.
Comment l’arrachage des cheveux ou des poils se manifeste-t-il?
  • Les personnes qui souffrent de trichotillomanie peuvent se livrer à deux types d’arrachage : une forme centrée sur le geste et/ou une forme automatique et non consciente. De nombreuses personnes s’adonnent à ces deux types d’arrachage. L’arrachage centré sur le geste se produit généralement en réponse à un état interne (p. ex. anxiété, tristesse, honte, etc.), souvent déclenché par un événement externe (p. ex. une dispute avec un ami ou le souvenir de cette dispute), et est plus fréquent vers la fin de l’adolescence et à l’âge adulte. En revanche, l’arrachage automatique se produit habituellement de façon inconsciente, souvent pendant des activités sédentaires telles que regarder la télévision, lire ou jouer. C’est ce type d’arrachage que l’on observe le plus souvent chez les enfants.
  • Les épisodes d’arrachage peuvent durer de quelques minutes à plus d’une heure.
  • Pour bien extraire les cheveux ou les poils, la personne peut utiliser son pouce et son index, une autre combinaison de doigts ou des pinces à épiler pour les arracher un à un. L’arrachage de touffes de cheveux est inhabituel.
  • Les épisodes d’arrachage comprennent souvent une succession d’éléments pouvant ressembler à ce qui suit :
    • Les doigts se trouvent à proximité de la région (p. ex. le coude repose sur le bras d’une chaise et la tête est posée sur la main).
    • Les doigts touchent la région (p. ex. se lisser les sourcils ou s’entortiller les cheveux).
    • Les doigts cherchent le cheveu ou le poil « idéal ». Pour certaines personnes, il s’agit d’un poil plus épais ou d’un poil avec un follicule bulbeux.
    • Une excitation interne ou une tension croissante est ressentie (moins fréquent chez les enfants).
    • Le cheveu ou le poil est manipulé, puis arraché.
    • La personne joue avec le cheveu ou le poil. Elle peut le manipuler avec ses doigts ou encore le faire rouler sur son visage et ses lèvres. Dans certains cas, le cheveu ou le poil est mâchouillé et même avalé.
    • Puisqu’il est rare qu’une personne n’arrache qu’un seul cheveu ou poil, au cours de l’épisode d’arrachage, la personne ressent généralement une vague de sensations agréables telles que la détente, ainsi qu’un soulagement des émotions négatives comme l’ennui, la frustration ou la solitude. La douleur est rarement signalée chez les adultes, alors que, chez les enfants, elle est souvent aussi présente que le plaisir.
  • Les sensations agréables qui résultent de l’arrachage et le soulagement des émotions négatives pendant un épisode contribuent grandement au maintien du comportement, malgré des signes de dommages souvent bien visibles (p. ex. calvitie partielle) et une forte volonté de mettre fin au comportement en raison d’un sentiment de honte ou de gêne. Ces éléments étant hautement satisfaisants, il est très difficile d’y résister quand l’envie irrésistible d’arracher se manifeste.

Faits concernant la trichotillomanie et la dermatillomanie

  • De 1 à 3 % des gens présentent une trichotillomanie au cours de leur vie, alors que la dermatillomanie touche 1,5 % de la population. Dans les deux cas, les premiers symptômes se manifestent en moyenne au début de l’adolescence.
  • Les femmes sont plus touchées que les hommes. La proportion est de 8:1 dans le cas de la trichotillomanie et de 3:1 dans le cas de la dermatillomanie.
  • Plusieurs effets physiques peuvent se produire chez les gens présentant une trichotillomanie, notamment la formation de trichobézoards (amas de cheveux ou de poils) dans le tractus gastro-intestinal qui peuvent nécessiter une intervention chirurgicale, la repousse anormale des cheveux ou des poils, des dommages dentaires ou encore le syndrome du canal carpien.
  • Plusieurs effets physiques peuvent se produire chez les gens présentant une dermatillomanie, notamment des dommages aux tissus, des cicatrices et des infections qui peuvent, dans les cas extrêmes, nécessiter une intervention chirurgicale.

Reconnaître la dermatillomanie

La dermatillomanie, qui s’apparente à la trichotillomanie à bien des égards, est un autre CRCC pertinent du point de vue clinique. Trois caractéristiques principales associées à la dermatillomanie :

  • Grattage compulsif de la peau qui peut ou non se déclencher à la vue d’une croûte visible ou d’une autre marque (p. ex. piqûre d’insecte ou bouton) et qui, en raison de la force du grattage, crée ou aggrave une lésion cutanée. Les endroits les plus fréquemment ciblés sont le visage, les bras et les mains, mais d’autres parties du corps peuvent aussi être ciblées, par exemple les jambes et la région pubienne, où la probabilité de trouver des poils incarnés est accrue.
  • Tentatives répétées, mais infructueuses d’atténuer le comportement ou d’y mettre fin.
  • Altération marquée ou perturbation des activités de la vie quotidienne, par exemple isolement social et/ou problèmes de rendement à l’école ou au travail, cicatrices permanentes, faible estime de soi ou stress financier.
Comment le grattage compulsif se manifeste-t-il?
  • Comme les personnes présentant une trichotillomanie, les personnes présentant une dermatillomanie rapportent que le grattage compulsif peut s’effectuer en étant centré sur le geste ou encore de façon automatique et non consciente. Le grattage centré sur le geste se produit généralement en réponse à un état interne (p. ex. anxiété, tristesse, honte, etc.), souvent déclenché par un événement externe (p. ex. se voir dans un miroir ou sentir un bouton), tandis que le grattage automatique se produit habituellement de façon inconsciente, souvent pendant des activités sédentaires telles que regarder la télévision, lire ou écrire à l’ordinateur. Ce deuxième type de grattage compulsif s’accompagne souvent d’un toucher, d’un frottage, d’un serrement, d’un mordillement et d’autres formes de manipulation de la zone visée.
  • Certaines personnes rapportent qu’avant de se gratter, elles ressentent une excitation interne ou une tension croissante, qui s’intensifie si le besoin irrépressible n’est pas comblé, suivie d’une sensation de plaisir ou de soulagement après le grattage.
  • Les épisodes de grattage compulsif peuvent durer de quelques minutes à plus d’une heure. Si l’on tient compte du temps passé à anticiper un épisode de grattage au lieu de se concentrer sur la tâche à effectuer (p. ex. son travail), ces épisodes peuvent accaparer plusieurs heures chaque jour.
  • La personne se gratte généralement avec ses ongles, mais d’autres instruments comme des pinces à épiler, des épingles et d’autres objets connexes peuvent également être utilisés. La personne peut jouer avec, ou même manger, la croûte ou la peau ainsi détachée.
  • Comme c’est le cas pour les personnes présentant une trichotillomanie, les sensations agréables qui résultent du grattage compulsif et le soulagement des émotions négatives pendant un épisode contribuent grandement au maintien du comportement, malgré des signes de dommages souvent bien visibles (p. ex. plaies ouvertes et cicatrices) et une forte volonté de mettre fin au comportement en raison d’un sentiment de honte ou de gêne. Ces éléments étant hautement satisfaisants, il est très difficile d’y résister quand l’envie irrésistible d’arracher se manifeste.

Faits concernant la trichotillomanie et la dermatillomanie

  • De 1 à 3 % des gens présentent une trichotillomanie au cours de leur vie, alors que la dermatillomanie touche 1,5 % de la population. Dans les deux cas, les premiers symptômes se manifestent en moyenne au début de l’adolescence.
  • Les femmes sont plus touchées que les hommes. La proportion est de 8:1 dans le cas de la trichotillomanie et de 3:1 dans le cas de la dermatillomanie.
  • Plusieurs effets physiques peuvent se produire chez les gens présentant une trichotillomanie, notamment la formation de trichobézoards (amas de cheveux ou de poils) dans le tractus gastro-intestinal qui peuvent nécessiter une intervention chirurgicale, la repousse anormale des cheveux ou des poils, des dommages dentaires ou encore le syndrome du canal carpien.
  • Plusieurs effets physiques peuvent se produire chez les gens présentant une dermatillomanie, notamment des dommages aux tissus, des cicatrices et de l’infection. Dans les cas extrêmes, une intervention chirurgicale peut être nécessaire.

Quelles sont des situations et des conséquences communes vécues par les personnes qui présentent une trichotillomanie ou une dermatillomanie?

  • Éviter des activités courantes comme aller nager, se faire couper ou teindre les cheveux, aller chez le médecin, etc.
  • Éprouver un stress financier en raison du coût des produits cosmétiques achetés pour camoufler ou atténuer l’absence de cheveux ou de poils, ou les dommages cutanés.
  • Éprouver des difficultés dans les relations interpersonnelles, notamment une réduction de l’intimité amoureuse.
  • S’absenter de ses cours ou du travail.
  • Modifier sa coiffure et utiliser des chapeaux, des chemises longues et d’autres vêtements pour cacher les lésions, les croûtes, etc.
  • Isolement social
  • Avoir de la difficulté à se concentrer ou à le demeurer.

Mon plan contre l’anxiété (MPA)

MPA est conçu pour fournir aux adultes atteints d’anxiété des stratégies et des outils pratiques pour gérer l’anxiété. Pour en savoir plus, visitez notre site Web Mon plan contre l’anxiété.

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