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Trouble de stress post-traumatique

Le trouble de stress post-traumatique (TSPT) est un trouble relié à un traumatisme ou un stress qui peut survenir après avoir vécu un événement traumatique, après en avoir été témoin ou après avoir appris qu’un événement traumatique est arrivé à un être cher.

Selon le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5), un événement traumatique est un événement durant lequel une personne a pu mourir ou être menacée de mort, a été gravement blessée ou a été victime de violence sexuelle. Voici des exemples :

  • Avoir un accident de voiture ou en être témoin
  • Subir une intervention chirurgicale majeure (greffe de moelle osseuse, hospitalisation prolongée, brûlures graves)
  • Vivre des catastrophes naturelles ou en être témoin (tremblements de terre, ouragans, inondations ou incendies)
  • Crimes violents (enlèvement, agression physique, ou agression ou meurtre d’un parent ou d’un être cher)
  • Violence communautaire (attaques à l’école ou suicide d’un ami, d’un membre de la famille ou d’un enfant du même âge)
  • Sévices physiques ou sexuels chroniques
  • Exposition répétée ou extrême à des détails déplaisants d’événements traumatisants (par contre, le TSPT ne semble pas découler du visionnement de films d’horreur ou de jeux vidéo violents)
  • Apprendre qu’un parent ou une personne proche de nous a vécu un événement traumatisant

Après l’événement, les jeunes atteints du TSPT signalent des symptômes envahissants comme des souvenirs répétitifs et bouleversants qui peuvent être communiqués de vive voix (p. ex., « Je n’arrête pas d’entendre ce bruit de craquement lorsque la voiture a heurté l’arbre ») ou reproduits par le jeu (comme un enfant qui frappe une voiturette contre un mur à répétition). D’autres symptômes intrusifs comprennent des rêves nocturnes et diurnes pénibles et intenses (aussi appelés retours en arrière [flashbacks]; l’enfant agit comme si les événements se produisaient en temps réel), et le fait de devenir très bouleversé lors de l’exposition à des éléments rappelant l’événement traumatique. Les jeunes peuvent aussi éviter ou essayer d’éviter les éléments rappelant l’événement, se dire incapables de se souvenir des détails importants de l’événement, vivre une gamme d’émotions négatives comme la tristesse, la culpabilité, la honte, la confusion et démontrer un manque d’intérêt ou de désir à participer à des activités importantes. Enfin, les enfants et les adolescents atteints du TSPT éprouvent également de l’irritabilité, de l’agitation ou de la nervosité, des difficultés de concentration et des troubles du sommeil. Ces symptômes combinés doivent persister pendant plus d’un mois après l’événement pour répondre aux critères du TSPT, bien que certains enfants et adolescents présentent une expression retardée du traumatisme, c’est-à-dire que les signes manifestes apparaissent six mois ou plus après l’événement.

Faits

  • Environ 4 % des jeunes de 13 à 18 ans développeront un TSPT à l’adolescence.
  • Les filles sont plus susceptibles que les garçons de développer un TSPT et d’éprouver des symptômes pendant une plus longue période.
  • Le risque de développer un TSPT augmente avec la gravité du traumatisme. Par exemple, presque tous les enfants qui sont victimes d’agression sexuelle ou qui sont témoins du décès ou de l’agression d’un parent souffriront plus tard d’un TSPT.
  • Les jeunes présentant un TSPT peuvent également éprouver d’autres problèmes, notamment la dépression, d’autres problèmes d’anxiété ou des comportements agressifs. Chez les adolescents présentant un TSPT, les problèmes de toxicomanie sont également fréquents (p. ex., la consommation de drogues ou d’alcool).
  • Les effets négatifs du TSPT ont des répercussions considérables sur la qualité du fonctionnement social, professionnel, interpersonnel, développemental, éducatif et sanitaire tout au long de la vie. Le TSPT est également lié à un risque accru de suicide, d’idées suicidaires et de tentatives de suicide. Une intervention opportune et efficace est essentielle.

Signes et symptômes

Pensées (notez que les très jeunes enfants peuvent être incapables d’identifier des pensées anxieuses précises) :

  • C’est ma faute si c’est arrivé
  • Tous les hommes sont dangereux
  • Je dois rester vigilant en tout temps pour me protéger
  • Je l’ai mérité, je suis un mauvais enfant
  • Je suis lâche
  • Je ne suis pas aimable et je ne m’intégrerai jamais

Sensations physiques :

  • Maux de ventre
  • Maux de tête
  • Tension musculaire
  • Irritabilité
  • Se sentir agité
  • Impression d’être détaché de son corps (déréalisation)

Émotions :

  • Tristesse
  • Colère
  • Honte
  • Culpabilité
  • Anxiété/peur
  • Confusion
  • Réduction persistante de l’expression d’émotions positives

Comportements :

  • Éviter de participer à de nouvelles activités ou d’aller dans de nouveaux lieux
  • Éviter les gens, les conversations ou les situations interpersonnelles qui rappellent les événements traumatiques
  • Refuser de dormir seul ou avoir de la difficulté à s’endormir ou à rester endormi
  • Faire preuve d’hypervigilance ou avoir une réaction de sursaut exagérée
  • Demander à un parent d’être présent ou disponible
  • Recréer l’événement traumatique par le jeu
  • Être préoccupé par les souvenirs de l’événement traumatique
  • Pleurer ou faire des crises de colère
  • Présenter peu d’intérêt pour le jeu
  • Avoir de la difficulté à se concentrer
  • Faire preuve d’agressivité et d’hostilité
  • Éviter les occasions de croissance à l’adolescence (p. ex., conduire, sortir avec quelqu’un)

Situations et conséquences courantes

  • Éviter toute situation ou tout lieu rappelant l’événement traumatique
  • Présenter une diminution des notes ou un échec scolaire
  • Adopter des comportements à risque élevé, imprudents ou dangereux
  • Avoir de la difficulté à se faire des amis, à sortir avec quelqu’un et à développer des relations significatives
  • Avoir des projets de vie restreints ou une ambition réduite
  • Présenter un retrait social

Cette vidéo a été enregistrée en anglais et n’est pas disponible en français.

Incidence du TSPT sur l’enfant à différents âges

Les enfants de moins de six ans peuvent ne pas présenter beaucoup de symptômes du TSPT. Leur anxiété peut plutôt se manifester des façons suivantes :

  • Peur des étrangers
  • Peur des membres de la famille
  • Évitement général de situations qui ne sont pas liées au traumatisme (p. ex., éviter d’aller à l’école, de sortir en public)
  • Réinterprétation de l’événement traumatique, rejouer les parties du traumatisme par le jeu (dessins, mise en scène)
  • Comportement régressif (sucer son pouce, faire pipi au lit)

Les enfants plus âgés, soit ceux qui fréquentent l’école primaire, qui ont un TSPT peuvent ne présenter aucun symptôme d’amnésie ou d’oubli. Cependant, ils peuvent présenter certains des symptômes suivants :

  • Clairvoyance. C’est-à-dire la conviction qu’il y avait des « signes avant-coureurs » avant l’événement traumatique. Les enfants ayant cette conviction sont toujours à l’affût de signes ou d’avertissements de « danger futur ». Par exemple, s’il pleuvait le jour d’un accident de voiture, votre enfant pourrait croire que la pluie était un « signe » de mauvais présage et refuser de quitter la maison lorsqu’il pleut.
  • Réinterprétation de l’événement traumatique. Tout comme les très jeunes enfants, les enfants du primaire peuvent répéter le traumatisme de façon compulsive dans leurs jeux. Par exemple, un enfant qui a été traumatisé par un accident de voiture peut jouer avec des petites voitures et simuler un carambolage.

Les adolescents ayant un TSPT peuvent présenter bon nombre des mêmes symptômes que les adultes; il y a toutefois quelques différences importantes. Par exemple, les parents peuvent observer des changements radicaux chez leur adolescent; notamment, un adolescent qui était premier de classe et qui échoue soudainement, ou un adolescent qui n’a jamais consommé de drogues et a toujours respecté son couvre-feu, qui désormais s’habille de façon inappropriée, fume et rentre tard. En outre, les adolescents présentant un TSPT agissent souvent de façon agressive et impulsive, et sont plus susceptibles d’adopter des comportements à risque élevé ou imprudents, comme la consommation de drogues et d’alcool, la vitesse, les rapports sexuels non protégés, etc.

Mon plan contre l’anxiété (MPA)

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